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Mai 2007

Toute l'information sur le Bio


DOSSIER : Manger ou conduire, va-t-il falloir choisir?
Face au réchauffement climatique et à la montée du prix des carburants fossiles, les gouvernements d'Europe, d'Amérique du Nord et d'Asie adhérent tous à une politique énergétique intégrant le développement des biocarburants et de la bioénergie.

La France n'est pas en reste et a mis en place un groupe de travail présidé par Alain Prost afin de développer des carburants renouvelables, essentiellement le bioéthanol. Selon les déclarations d’Alain Prost, la France devrait compter fin 2008 un total de 200 000 voitures « flexfuel », fonctionnant à la fois à l'essence et au bioéthanol et 500 pompes à essence « vertes » au bioéthanol E85 devraient être mises en place sur le territoire dès 2007. Le bioéthanol sera complètement détaxé, ce qui devrait permettre à ce carburant d’avoir un prix compétitif aux alentours de 0,80 euro le litre selon le ministère de l'économie.

Aujourd'hui, en termes de production, les principaux biocarburants sont le méthane, le bioéthanol et le biodiesel.

Le biothanol, ou carburant E85, est un carburant renouvelable dérivé des plantes (céréales, betterave...) ou de la biomasse (déchets de bois, paille), composé à 85% d'éthanol d'origine agricole et de 15% d'essence.Il est donc, au même titre que les autres biocarburants, issu de la biomasse et non de l'agriculture biologique!
Le principe de conversion de la biomasse en éthanol se divise en trois étapes. La première produit de la lignine et de la cellulose, la seconde des sucres, qui, fermentés, produisent à la troisième étape de l'éthanol.

Les effets positifs de ces biocarburants, en particulier le bioéthanol, existent bel et bien mais sont toutefois à nuancer...
De fait, le carburant E85 réduit les émissions de gaz à effet de serre ainsi que la dépendance aux énergies fossiles telles que le pétrole. Toutefois en ce qui concerne les gaz émis lors de la combustion des biocarburants, la comparaison avec le pétrole reste nuancée. Les biocarburants produisent en effet généralement moins de SOX, mais parfois plus de NOX. De plus la combustion du bioéthanol produit davantage d'aldéhydes que l'essence, mais ceux du bioéthanol sont moins toxiques.

Pour le Comité Consultatif sur l’éthanol du Manitoba, le décompte des émissions de CO2, calculé de façon exhaustive sur toute la chaîne (culture, récolte, transformation, transport et distribution) montre que la production d’éthanol à partir de grains de maïs n’apporterait, pour un véhicule fonctionnant avec 10% d’éthanol dans l’essence, qu’une réduction en CO2, d’environ 4%. Mais ce calcul effectué, dans le cas d’une production "douce" du maïs et par un organisme qui soutient cette technologie, est à corriger vers le bas dans le cas d’une production intensive. D’autres études sont plus sévères. L'université Cornell de New York, affirme que l’on arrive à 1,3 litres de pétrole utilisés pour livrer un litre d’éthanol ! Selon ses conclusions, ce carburant réchaufferait ainsi davantage la planète que l’essence.

De plus, l’action des surplus d’engrais azotés en se dégradant, produit du protoxyde d’azote (N2O) qui a un pouvoir de gaz à effet de serre 200 fois supérieur à celui du CO2. D’autre part, pour obtenir un kilo de maïs, il faut 300 litres d’eau et il faut 3 kg de maïs pour produire un litre d’éthanol.

De fait, la production de biocarburant peut s'avérer non écologique et non durable si les matières premières sont produites grâce à une agriculture intensive qui entraînerait nécessairement un épuisement des nappes phréatiques et une pollution des eaux par l'usage d'engrais et pesticides. La production d'agro-carburants ne doit pas se faire au prix de la destruction d'écosystèmes, de déforestations massives, ou bien encore au détriment des usages alimentaires des terres arables. Certains experts déclarent illusoire de croire que quelques régions du monde les plus favorisées comme les grandes plaines brésiliennes, canadiennes ou russes, vont seules nourrir la planète. De fait, remplacer totalement la consommation de carburants fossiles par des biocarburants nécessiterait une surface agricole égale à plusieurs fois celle de la terre !

Si les biocarburants permettent dans l’immédiat de procurer des ressources supplémentaires aux agriculteurs et créent des emplois dans le secteur de la transformation des matières premières en carburants, le développement de la filière biocarburant pourrait entraîner dans certains pays le défrichement de forêts vierges et la réduction de la biodiversité.
La monoculture de canne à sucre, dans certaines régions du Brésil, est ainsi une source d'inquiétude. De même, Sumatra et Bornéo sont en train de se transformer en culture intensives de palmiers dont l'huile peut être utilisée pour ce carburant.
intensives de palmiers dont l'huile peut être utilisée pour ce carburant. Les régions les plus pauvres, qui y voient un intérêt économique, commencent à privilégier ces cultures au détriment des cultures alimentaires alors que ce sont celles-là même qui souffrent en premier de malnutrition. « Les grains nécessaires à remplir le réservoir d’essence de 25 galons d’une grosse voiture suffisent à nourrir une personne pendant un an » selon Lester Brown, président de l’Earth Policy Institute, auteur ou co-auteur d’une cinquantaine d’ouvrages sur l’écologie.

Pour exemple, les cultures nationales françaises destinées aux voitures ne suffiront jamais à remplacer le pétrole. Nous devrons donc importer ce carburant, ce qui, à terme aura les mêmes conséquences de dépendance énergétique que les énergies fossiles utilisées actuellement. La hausse des cours des céréales, provoquées par l’emballement mondial pour les carburants verts, n’a pas encore eu d’impact sur le prix des denrées alimentaires, mais les producteurs de poulets et de bœufs nourris au maïs ou au soja commencent à s’inquiéter. Les subventions accordées au pétrole vont-elles se retourner contre les consommateurs, avec de fortes hausses du prix des œufs et de la viande ?

Outre ces conséquences économiques, l'utilisation des pesticides nécessaires à la production du bioéthanol et l'utilisation possible des OGM laissent présager de nouveaux risques écologiques. Plus inquiétant encore, l'ADN des levures peut être modifié pour permettre une transformation plus rapide du sucre en éthanol. De telles levures ou des bactéries modifiées pour produire plus de méthane pourraient avoir des impacts dramatiques si elles s'échappaient et se reproduisaient dans la nature.

Des solutions alternatives existent, y compris pour le bioéthanol E85 dont les perspectives les plus intéressantes portent sur l'utilisation de résidus (bagasse, rafle de maïs, paille) ou de produits non comestibles (sciure, compost...). Malheureusement il semblerait que ce ne soit pas ces voies là qui intéressent les gouvernements actuels.

L'usage des agro-carburants ne doit donc pas dispenser de la recherche des économies d'énergie, c'est à dire de la plus faible consommation possible.

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