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Mai 2007

Toute l'information sur le Bio


L'émergence de l'agriculture biologique :
L'agriculture biologique et le mouvement bio tels que nous les concevons aujourd'hui sont nés par étapes successives, tout au long du XXème siècle, et en réaction à l'utilisation exponentielle des fertilisants d'origine minérale et artificielle.
Partie de mouvements idéologiques épars, la « conscience bio » s'organise au gré des données politiques et économiques du siècle dernier jusqu'à aboutir à une reconnaissance politique, encadrée par une série de textes et décrets.

DES MOUVEMENTS EPARS

En 1840 le Baron Justus von Liebig, chimiste allemand considéré comme le fondateur de la chimie agricole, suggéra que les plantes transformaient des matières non organiques en provenance du sol et de l'atmosphère en matière organique. Il mena des expériences réussies avec des engrais artificiels. De là, l'utilisation de fertilisants minéraux et artificiels se développa et se généralisa, principalement au sortir de la 1ère Guerre Mondiale (l'ammoniac synthétisé à partir de l'azote de l'air et utilisé jusqu'alors dans la fabrication d'explosifs fut mis à disposition des agriculteurs comme engrais).

Plusieurs courants précurseurs de l'agriculture biologique apparaissent alors, qui, s'ils divergent dans leur conception, ont en commun de dénoncer la spécialisation excessive des productions et l'usage des engrais et pesticides issus de l'industrie chimique.

• L'agriculture biodynamique :
Le philosophe autrichien Rudolf Steiner développe dans les années 20 l'anthroposophie, théorie selon laquelle l'homme est une composante d'un équilibre cosmique qu'il doit comprendre pour pouvoir vivre en osmose avec le monde qui l'entoure.
Cette théorie sera appliquée à l'agriculture par H. Pfeifer, fondateur de l'agriculture biodynamique, et trouvera un écho auprès d'agriculteurs inquiets des conséquences néfastes des nouveaux fertilisants, principalement en Allemagne, Suisse, Angleterre, Danemark et Pays-Bas.

• L'agriculture biologique :
Le contexte politique des années 30 incite à développer l'autarcie des producteurs et les circuits courts entre producteurs et consommateurs. Initiées principalement par la Suisse et le politicien H. Müller, ces idées se concrétisent par une méthode basée sur une utilisation maximale des ressources renouvelables.

• L'agriculture organique :
Dans les années 40 l'agriculture organique se développe en Angleterre en redonnant à l'humus un rôle fondamental dans l'équilibre biologique et la fertilité des sols selon les théories de l'agronome Sir Albert Howard.


En 1946, est aussi créée la Soil Association, association de promotion de l'agriculture biologique. Mais malgré l'existence et la vigueur de ces courants de pensées, l'agriculture biologique reste embryonnaire en Europe, d'autant plus que la politique agricole de l'après guerre se base sur une augmentation importante de la production agricole due aux besoins immédiat en nourriture.


DEVELOPPEMENT ET RECONNAISSANCE DE L'AGRICULTURE BIOLOGIQUE

La généralisation des cancers durant les années 50 incite certains agriculteurs à envisager une production agricole plus saine : l'agriculture biologique commence à se développer en France.

En 1959, est créé le Groupement des Agriculteurs Biologiques de l'Ouest.

En 1963, Le professeur Boucher fait une série de conférences afin de convaincre les agriculteurs de changer d'orientation. Par ailleurs, la presse commence à divulguer les méfaits de l'utilisation des produits chimiques, notamment les traitements, les désherbants, les pesticides et les insecticides. De fait, l'agronome Jean Boucher et le négociant en grains Raoul Lemaire ont élaboré une méthode basée sur l'utilisation d'une algue calcaire découverte par Rush, la lithothamne. La société Lemaire-Boucher est chargée de la commercialisation de cette algue : les producteurs pratiquant cette méthode et ayant droit d'usage de la marque doivent acheter leur engrais à la société qui, en retour, commercialise leurs céréales.

En réaction à ce courant, qui approvisionne les producteurs en intrants, un courant indépendant de toute attache commerciale voit le jour au printemps 1964 : l'association Nature et Progrès qui séduit les milieux intellectuels à la base du mouvement écologique.

Le 1er juin 1964, a lieu à Chateaubriand le premier rassemblement des agriculteurs pratiquant l'agriculture biologique. Les règles de cette agriculture sont précisées :
• Amélioration de la fumure organique par le compostage.
• Suppression des labours profonds (humus en surface).
• Cultures dérobées, engrais vert (gyrobroyage).
• Sous-solage, aération des prairies.
• Assolement, rotation des cultures.

Les bases de l'agriculture biologiques posées, le mouvement bio se structure au cours des années 70 lors de l'émergence de profonds changements sociologiques et contestataires.
Les associations, les groupements de producteurs développent leurs propres cahiers des charges avec des règles de production à respecter.

Les agriculteurs biologiques se rassemblent alors au sein de syndicats professionnels, regroupés en fédérations comme la Fédération Nationale des Agriculteurs Biologiques (FNAB). C’est ainsi qu’une fédération internationale voit le jour en 1972, l'IFOAM (International Federation of Organic Agriculture Movements).

Mais l'agriculture biologique ne prend son véritable essor qu'au cours des années 80 non seulement en Europe mais aussi aux Etats-Unis, au Canada, en Australie et au Japon.
Les consommateurs jouent un rôle important dans ce développement par une augmentation constante du souci de se voir offrir des produits sains et respectueux de l'environnement, tant au niveau de l'alimentation que des produits transformés (cosmétologie, textile, produits ménagers...).

Afin de palier à une véritable prolifération de l’appellation « biologique » parfois utilisée à mauvais escient, une réglementation se met en place fixant pour chaque pays les méthodes de production biologiques. Ainsi, la première reconnaissance de l'agriculture biologique date de 1980 en France. D’autres pays tels que le Danemark ou l'Autriche se dotent aussi de réglementation et certaines subventions sont accordées au niveau national et régional au profit de ce type d'agriculture.

Mais la multitude de règles, le manque de lisibilité et le manque d'harmonisation des terminologies utilisées freine le développement de l'agriculture biologique. C’est alors qu’en 1991, l'Union Européenne crée sa propre législation sur l'agriculture biologique afin de permettre à l'agriculture biologique de se positionner de manière crédible sur le marché.
Les règlements de l'Union Européenne forment enfin une base internationale que doivent respecter les pays membres, ils peuvent être complétés par des cahiers des charges plus restrictifs encore par chacun des Etats, mais ne peuvent en aucun cas être plus tolérants.

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